La psychanalyse et l’équivoque

Le lien entre la psychanalyse et la poésie est-il insuffisamment secret? Comment l’énoncé de Novalis  « Faire de la poésie est œuvre d’engendrement. Il faut que soit individu vivant tout ce qui est poémisé« ,  se retrouve-t-il dans le dire de Freud « Là où c’était (le ça) le je doit advenir » ? Le chemin vers une ébauche de réponse s’annonce tortueux. Je vais d’abord chercher chez Novalis les prémices  de ces connexions intrinsèques. Le lire avec vous, c’est à dire, vous interpeller sur la façon dont butinez-vous dans les « Pollens » de Novalis et que pensez-vous de son assertion « Les âmes sereines ignorent le « Witz »? Selon le poète romantique, « cette tournure d’esprit dénote une rupture d’équilibre: elle est la conséquence d’une destruction et son remède en même temps… » Novalis trouve dans la passion  une forte expression de l’esprit. Il considère « qu’on est le plus terriblement porté à faire de l’esprit » dans l’état du désespoir ou de la mort spirituelle, lorsque, précise-t-il, « sont défaits tous nos liens et nos attachements ».

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4 réponses à “La psychanalyse et l’équivoque

  1. Peut-on dire que c’est l’échec du langage qui révèle les pouvoirs de la parole poétique ?? Comme Hegel l’avait déjà fait remarquer, le langage devrait exprimer la singularité de l’expérience individuelle, or les langues que nous parlons ne peuvent dire que l’universel. Le poète va donc s’installer au «défaut des langues» (Mallarmé) et la poésie à l’envers de la langue.
    Cette conscience de l’échec du langage va conduire le poète à redécouvrir le silence d’où la parole prend son origine : «Faire du silence avec le langage» disait paradoxalement Sartre…
    Pourtant, la poésie est constamment menacée par le silence, qui s’origine de l’inadéquation des mots aux choses, mais qui cependant, tire ses meilleurs effets du glissement et du heur des signifiants, de l’incantation et du rythme, de la vibration des mots et des sons… Dans «Crises de vers», Mallarmé définissait déjà la poésie comme «la merveille de transposer un fait de nature en sa presque disparition vibratoire». Or, la psychanalyse nous rappelle que cette distance du sujet à la chose est la condition même de la parole.

  2. Bravo pour l’ouverture du blog, riche thématique que celle que tu as choisi pour avancer dans tes recherches entre Savoir et Vérité certes, entre Fiction (poésie?fantaisie?) et Vérité également…
    Comme tu m’y as invité, j’apporte ma contribution!
    Le lien entre la psychanalyse et la poésie est-il insuffisamment secret? Dans le premier paragraphe de ses « contributions à la psychologie de la vie amoureuse », Freud se livre à une brève comparaison des deux démarches, poétique et « scientifique » à propos des « conditions déterminant l’amour ». Mais comment ne pas reconnaître l’analyste dans le poète, dont Freud loue (entre autre) la liberté de penser et le rapport au plaisir? Ce court passage où Freud aborde le lien entre psychanalyse et poésie a-t-il également retenu ton attention?

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